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L'incroyable machine à écrire... des partitions

En 1936, l’américain Robert H. Keaton détourne la traditionnelle machine à écrire pour en faire une surprenante machine à partitions… Aujourd’hui, les rares exemplaires encore en circulation se vendent une fortune et les collectionneurs se l’arrachent !


Article publié le 7 mai 2019
En 1936, l’inventeur californien Robert H Keaton, dépose un premier brevet pour la « Keaton Music Typewriter », une étonnante machine à clavier circulaire qui possède, à l’époque, 14 touches contenant des notes de musique. Après des années de recherche et de travaux, Keaton peaufine sa création et lui apporte de nombreuses améliorations. Il met au point un appareil plus abouti et dépose un second brevet en 1953. Cette nouvelle machine plus sophistiquée compte désormais 33 touches et permet d’écrire des partitions plus rapidement et surtout en plus grande quantité. Mais si cette invention est censée faciliter la vie des compositeurs, des professeurs de musique et des éditeurs en accélérant le processus d’écriture, dans la pratique il n’en est rien car le mécanisme est complexe et la tâche laborieuse.  

 
Dès les années 1955, la « Keaton Music Typewriter » est produite et vendue en plusieurs exemplaires mais sa commercialisation est un fiasco. Si son coût exorbitant pour l’époque (225$) n’est pas sans conséquence dans cet échec commercial, c’est sans nul doute son utilisation peu fonctionnelle qui explique qu’une telle invention n’ait jamais fait recette. Le fait est qu’il fallait une journée entière pour taper une page de partition à la machine alors qu’il fallait une heure pour l’écrire à la main. Car en plus de l’alignement vertical qu’il fallait gérer au millimètre près pour chaque rythme, le musicien se trouvait contraint de repasser à la machine à écrire classique chaque fois qu’il voulait ajouter une indication de texte sur la partition. 
De ce fait, les utilisateurs ont très vite compris que le gain de temps promis à l’origine par le concepteur s’avérait plus évident sur le papier que dans la pratique. 

 
Aujourd’hui, cette machine à écrire des partitions est une véritable pièce de collection dont on ne compte plus que 60 exemplaires à travers le monde, dont une douzaine seulement encore en état de marche. Elle fait le bonheur des collectionneurs mélomanes qui se l’arrachent à prix d’or sur les sites de ventes aux enchères. La dernière en date s’est vendue pour la coquette somme de 12 000$. Si cette invention saugrenue n’a pas convaincu grand monde au moment de sa création, 60 ans plus tard, elle fait l’objet de toutes les convoitises auprès des amateurs d’objets rares heureux d’enrichir leur collection.  
Il faut reconnaître que son design en ferait presque oublier son manque de maniabilité…